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May 08, 2007

Art en Vieille Ville - Tribune de Genève

TRIBUNE DE GENEVE

"Art en Vieille Ville" rapproche les voisins, Seize lieux venissent ce mardi soir une exposition dès 18.00h
By Etienne Dumont


Je ne sais pas si vous vous souvenez. Il y a quelques années, les vitrines de la Vieille-Ville accueillaient la photo d'un ange baroque en pleurs. Le quartier entier était "en train de mourir".
Le chérubin a visiblement rengainé son mouchoir. Seize galeristes établis entre la Grand-Rue, la rue Verdaine et Saint-Léger venissent de concert et de conserve ce mardi soir à 18.00 heures. "L'idée a fait boule-de-neige" explique François Horngacher, qui présente les toiles, pleines de ruines romaines, du Genevois Laurent Kasper. A notre première réunion, nous étions cinq. A la dernière, quinze."
L'association Art en Vieille Ville, qui se présente avec un dépliant ponctué de rouge fluo, signe de modernité, répond aux festivités organisées aux Bains ou par les Carougeoises d'Art7. Elle veut aussi donner l'idée d'un boom. "J'ai montré une exposition de quelques jours afin de manifester mon soutien", explique l'exubérante Rosa Turetsky, qui propose le jeune Vaudois Frédéric Clot. De vastes et étranges vues, urbaines et blanches. C'est que notre interlocutrice sera aussi des Bains, le 24 mai! Or les associations ne s'exluent pas l'une l'autre. Quoique...
"L'idée se veut positive", assure Charlotte Mailler, qui a été chargée par la galerie parisienne Malingue de tirer Interart, son local genevois, d'une léthargie digne de la Belle au bois dormant. "Il est donc possible que d'autres membres se joignent à nous pour des portes ouvertes prévues semestrielles." Jacques Benador a bien sûr refusé de s'acoquiner. Mais Sonia Zannettacci, autre grande indépendante, a donné son accord. Cette galeriste fidèle à ses choix peut offrir à nouveau Peter Stämpfli, l'homme aux traces de pneus.
Il n'en reste pas moins que tout le monde ne joue pas dans la même cour. Phoenix Ancient Art, qui aligne des Merveilles du monde classique, constitue l'un des marchands d'antiques les plus importants de la planète. Krugier, qui refait cavalier sul sans Ditesheim, a des allures de multinationale, même s'il accroche cette fois Marie-Hélène Clément et son fils Marc-Antoine Fehr. Tout près de là, Montparnasse reste en revanche une très bonne librairie ancienne, reconvertie dans la gravure et maintenant la photo. "Je propose pour la première fois une collection d'albums de voyages constitués entre 1870 et 1940", explique la directrice Monique Huguenin. A quand la vidéo?
"Ce sont surtout les marchands d'art ancien qui ont poussé à la roue", assure Michel Foëx, qui montre pour une fois un artiste genevois du début du XXe siècle, Louis Goerg-Lauresch. Il faut dire que face au boom du contemporain, activé par la spéculation financière ("Je sens l'argent", assure Rosa Turetsky), ils manquaient de visibilité. Ils n'en avaient même parfois aucune. Pour savoir que Sycomore Ancient Art existe, au 3, Cour Saint-Pierre, il faut vouloir. "Il y a pourtant quatorze ans que nous sommes là, après avoir eu un magasin à Paris", explique Ntacha Domercq. Là aussi, nous sommes dans l'antique. Très bien présentée, l'actuelle exposition se veut égyptienne.
Les commerçants en piste (et il faudrait pouvoir citer chacun, de Marie-Laure Rondeau et ses gouaches napolitaines, à la galerie Grand-Rue, aux dessins anciens de Diane de Loës en passant par les revues de mode 1920 de l'Exemplaire) se félicitent de leur solidarité toute neuve. "Il ne peut en sortir que du positif." Positivons donc!


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