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Art en Vieille-Ville vernit ce soir“Côté archéologie, il faut se ruer chez Phoenix et Sycomore. Le premier, ainsi que l'a confirmé en septembre à Paris la Biennale des Antiquaires, constitue le commerce phare international en la matière. Phoenix propose une exposition égyptienne.”
Etienne Dumont, Tribune de Geneve
Il y a paraît-il des "bonnes dates" pour les vernissages. Il faut ainsi éviter le vendredi. "Tout le monde part en week-end." Le lundi, les gens semblent fatigués (du week-end bien sûr!). Reste donc le mardi, le mercredi et le jeudi, avec une préférence pour ce dernier, surtout s'il vient après des vacances scolaires. "Elles font à chaque fois de Genève une ville morte".
J'ignore si beaucoup d'acheteurs des principales galeries genevoises ont des enfants en âge d'aller à l'école. Pour tout dire, j'en doute un peu, vu ce que coûtent les têtes blondes. Toujours est-il que le 30 octobre voit cette année une telle floraison d'ouvertures à travers la ville que ce jeudi a cessé d'être un "bon jour". Il faudrait se trouver dans passé 30 endroits entre 17h et 21h ...
La priorité devrait rester à Art en Vieille-Ville qui propose deux fois par an ses vernissages communs. Il y a cet automne seize participants. Dix-sept, si l'on comppte Michel Castelino qui n'appartient pas à l'association, ce qui ne l'empêche pas de montrer Jean Cocoteau. Avec seize (ou dix-sept) lieux, il y a déjà assez de travail comme ça...
Rappelons que les participants d'Art en Vieille-Ville se révèlent plus variés que ceux des Bains. Ils le sont par leur activité, qui va de l'archéologie à la peinture moderne. Ils apparaissent aussi par leur importance financière. A côté des Rolls (ou des 4x4) de l'art roulent ici des établissements plus modestes. Ily en a donc pour tous les goûts et pour toutes les bourses, même si la plupart d'entre elles semblent curieusement dégarnies en ce moment.
Que verra-t-on donc ce soir? Côté archéologie, il faut se ruer chez Phoenix et Sycomore. Le premier, ainsi que l'a confirmé en septembre à Paris la Biennale des Antiquaires, constitue le commerce phare international en la matière. Phoenix propose une exposition égyptienne. Sycomore n'entrouve que deux fois par an ses portes au non-initiés. Il s'agit d'en profiter, d'autant plus que Jean-Louis Domercq, son directeur, est un monsieur charmant.
Côté peinture, on note deux poids lourds. Il s'agit bien sûr de Krugier, qui propose un florilège, et d'Interart (voir ci-contre). Ce n'est pas une raison pour oublier Sonia Zannettacci, qui offre cette fois des oeuvres récentes du Hambourgeois Jan Voss, 72 ans. C'est un artiste important. Il faut aussi rendre visite à Monique Huguenin. Son Montparnasse, qui fut longtemps une libraire ancienne, n'abrite désormais plus que des oeuvres de l'école genevoise. L'accrochage actuel est voué au Carougeois Emile Chambon, peintre inégal et donc capable du meilleur.
Si vous aimez la gravure, allez voir Gaspare O. Melcher chez Anton Meier, à la lisière de la Vieille-Ville. Ne manquez pas Philippe Deléglise chez Michel Foëx, même si l'exposition a ouvert il y a quelques jours.
Les arts décoratifs ne sont bien sûr pas oubliés. François Horngacher fait sa traditionnelle Présentation d'automne avec des objets du XXe siècle. Il y a aussi du paysage traditionnel à la Galerie Grand Rue. De la photo grâce à Nicolas Lehr chez Patrick Gutknecht ou à Michel Auer chez Témoin. Et on ne vous a pas tout dit! Rendez-vous donc ce jeudi, dès 17heures.

