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LE FIGARO MAGAZINE: Les tendances au fil des stands. Entre le faste d'un XVIIIe revigroé et un XXe vivace et fécond, la jeune génération de marchands se fraye son chemin.Sous la nef du Grand Palais, les 95 exposants sont sur le pied de guerre. La 24e Biennale des antiquaires a ouvert ses portes mercredi. Affaires déjà conclues ou en attente, quelques-uns ne cachent pas leur plaisir. Certaines galeries comme l'Arc en Seine (Art déco du XXe siècle) lui réservent d'ailleurs l'exclusivité. D'autres comme Maurizio Canesso (maître anciens italiens) jonglent avec différentes palettes entre Maastricht et Paris. Il est vrai que la belle hollandaise, préférée cette année par Eric Coatalem, Giovanni Sarti ou encore les Bresset, sied à certaines spécialités, tels le tableau ou la haute époque. Pour un moindre coût. Côté jardin, se profilent cette année des marchands de la nouvelle génération: de jeunes galeries comme Alpha ou Willy Hybrechts escortent désormas les fils et filles d'antiquaires. Dans le petit cercle des Lumières, la très secrète famill Kraemer abat une carte singulière et prémonitoire pour son entrée en scène. Elle a imaginé deux stands à l'identique. Même surface, même type de meubles. Seule différences, le décor. L'un est XVIIIe, l'autre contemporain. "Certains de nos clients posspdent à la fois un hôtel particulier à Paris avec boiseries et moulures et un loft minimaliste à New York. Nous voulons montrer que le XVIIIe se plaît dans toutes les architectures et peut se consemmer à tout âge", martèle Sandra Kraemer, la benjamine, devant une table en bronze d'époque Louis XVI provenant des collections du duc de Morny. En égrenant les stands, on découvre des estampilles cousues d'or: sur cette paire d'encoignures portant la marque du palais des Tuileries pour Marie-Antoinette (Galerie Aaron), ce guéridon de Weisweiler dont le pendant est au musée Nissim-de-Camondo (François Léage), cette coupe en argent de Strasbourg, oeuvre de maîtrise de l'orfèvre Jean-Frédéric Baer datée 1746 et 1756 (Galerie Neuse), sur cette pendule à l'éléphant de Caffieri provenant des collections des comtes de Mortemart (Gallerie Lupu), mais aussi sur un précieux manuscrit relatant le mariage de Louis XV et le voyage de la jeune reine de Strasbourg à Fontainebleau (librairie Chamonal) ou cette tapisserie réalisée par la Munufacture royale de Beauvais à la fin du règne de Louis XIV (Galerie Chevalier)
Les préférences iront-elles vers les maîtres modernes: vers une toile tabernacle peinte par Rothko en 1956 (Galerie L&M Arts), vers une petite nature morte de Balthus (Galerie Krugier), vers un Soulages incisif des années 70 (Galerie Lansberg), vers les Soucoupes volantes à la gouache de Calder (Galerie Brame & Lorenceau) ou un petit Herbin abstrait de 1917, rarissime (Galerie Berès) ?
Le visiteur préférera-t-il naviguer dans les lontains: d'un casque grec de Thrace du IVe siècle (Galerie Phoenix) à un reliquaire Fang (notre photo) complet et inviolé (Galerie Dulon), d'un aureus de Carin frappé à Siscia (Sabine Bourgey) à un bronze archaïque Zun del'époque Shang (Galerie Croës) ?
Vierge de amrbre (Sam Fogg) ou Vierge d'ivoire (Guy Ladrière)? La balade dans une Europe médiévale, plus fragile cette année, mais droite dans son esthétique, nous guide étrangement vers la modernité: des Arts déco aux années 50 sous une pluie de oneman-show. On y verra Royère et le salon "croisillon" de 1947 (Patrick Seguin), Charlotte Perriand et le mobilier de l'exposition "Synthèse des arts" à Tokyo (Down Town), Jacques Quinet et ses pièces de métal (Olivier Watelet), les années 30 de Dominique (Willy Huybrechts), Jean Prouvé et le mobilier des Dollander (Philippe Jousse), l'Italie de Gio Ponti (Galerie du Passage) ou de l'architecte Carlo Scarpa (Yves Gastou), Derain sculpteur (Galerie de la Présidence), Youla Chapoval et l'abstraction (Galerie Laurentin), Paul Dupré-Lafon et quelques-uns de ses "musts" (l'Arc en Seine). Avant de quitter la Biennale, dernier regard côté jardin avec les joailliers qui déclinent aussi cet art millénaire (Van Cleff & Arpels), laissent s'épanouir quelques fleurs voluptueuses (Chanel) ou carnivores (Dior), posées entre pierres et bijoux mythiques.

